1 mars 2026

Épigénétique

L’épigénétique, qu’est-ce que cette sorcellerie ? Bigre, c’est la fin du divorce entre le corps et l’esprit.

Vous souvenez-vous de René Descartes ?

Philosophe français du XVIIe siècle et figure de la révolution scientifique, il a théorisé une séparation stricte entre le corps et l’esprit, et cela a profondément marqué la médecine moderne :

C’était bien, ou pas bien ?

Pour son époque, c’était une grande avancée ! La science a pu progresser en permettant la dissection des corps. Vus comme de simples mécaniques, seule l’âme demeurait sacrée. Ainsi, les médecins s’occupaient du “corps” et les philosophes, puis les psychiatres, s’occupaient de “l’esprit”. Et les deux ne communiquaient pas, ou à peine, via la glande pinéale.

Mais alors, l’épigénétique, c’est encore un machin New Age ?

Non, c’est une discipline de biologie, tout à fait officielle. Là où nous pensions qu’il y avait un mur, il y avait en fait un pont : pendant longtemps, on a vu l’ADN comme un programme informatique gravé dans le marbre (le corps-automate). L’épigénétique nous démontre que le programme est là, mais que certaines lignes de code vont s’activer ou ne pas s’activer en fonction de votre parcours, votre environnement, vos expériences.

Mais “Bienvenue à Gattaca” est mon film préféré ! Il y a de quoi ! Jude Law et Uma Thurman dans des constructions by Franck Loyd Wright, moi, je dirais toujours oui. Ce film magistral, sorti en 1997, témoigne d’une hypothèse longtemps admise mais aujourd’hui incomplète ; le génome n’est pas un destin figé.

On sait aujourd’hui que posséder un gène (le génotype) ne signifie pas forcément qu’il va s’exprimer (le phénotype). L’épigénétique nous dit qu’il existe des “interrupteurs” chimiques.

Phénotype = Génotype + Environnement + Épigénétique

Donc un “Valide” de Gattaca, génétiquement parfait, aurait très bien pu développer des pathologies s’il fumait 3 paquets par jour et cherchait des noises à tout le monde ? Oui, et un “Invalide” peut, par son hygiène de vie et un environnement favorable et résilient, mettre en silence ses prédispositions génétiques négatives.

Nous parlons ici d’expression génétique, et non pas de mutation.

Le plus surprenant reste la transmission. L'idée que le vécu émotionnel d'un ancêtre puisse influencer la biologie de ses descendants semblait relever de la magie ou de la poésie. C'est pourtant une réalité biologique que la science documente désormais et ça se passe au niveau de la couche chimique qui entoure notre ADN.

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